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Comprendre la bonne foi en matière de fin d’emploi au Québec
Par Caroline Arbour, Conseillère en relations de travail
Plusieurs membres nous manifestent leurs inquiétudes pour la stabilité de leur emploi compte tenu de la situation financière difficile annoncée par l’Université. Dans ce contexte incertain, nous croyons qu’il est important d’apporter un éclairage sur le cadre législatif entourant les fins de contrat de travail au Québec.
Dans un premier temps, le Code civil du Québec identifie la bonne foi comme étant un principe directeur de toute relation contractuelle. Cette disposition impose aux parties d’agir avec loyauté, transparence et respect. Appliqué aux situations de fin d’emploi, le principe de bonne foi impose à l’Employeur de s’assurer que les motifs mis de l’avant pour justifier la fin d’emploi sont vrais, soutenus par une analyse rigoureuse et conforme aux règles applicables aux différents types de situations pouvant mener à une fin d’emploi. La bonne foi se présume, et en cas de doute le fardeau de la preuve revient à l’autre partie, mais comment reconnaître les signes d’une mauvaise foi?
Pour répondre à cette question, la différence entre un congédiement et un licenciement est fondamentale. Selon la CNESST, un « congédiement survient quand un employeur, dans le cadre de l'exercice de son droit de gestion, met fin à l’emploi d’un travailleur de façon définitive pour des raisons disciplinaires ou liées à sa capacité d’exécuter ses tâches. » On peut comprendre de ces explications que dans le cas d’un congédiement, les raisons qui mènent à la fin d’emploi sont individuelles, elles concernent la capacité de la personne à répondre aux besoins à l’origine du contrat. Or, la manière de traiter un congédiement de manière juste est bien définie par les tribunaux. Dans une situation de nature disciplinaire, l’Employeur doit appliquer le principe de gradation des sanctions et dans une situation liée aux compétences il doit s’assurer d’avoir mis en place un processus d’évaluation juste, transparent et avoir soutenu convenablement la personne dans l’exercice de ses fonctions.
Le licenciement quant à lui « est la fin définitive du lien d’emploi entre un travailleur et son employeur. L’employeur licencie un travailleur quand il n’a plus besoin de ses services pour des raisons :
On peut comprendre de ces explications que dans le cas d’un licenciement, les raisons qui mènent à la fin d’emploi sont organisationnelles, elles concernent les besoins de l’Employeur.
Ainsi, agir de bonne foi implique qu’un licenciement ne doit pas servir des intérêts cachés, comme se soustraire aux obligations légales liées à un congédiement. Elle implique également de s’assurer que les décisions prises ne sont pas discriminatoires, c’est-à-dire que les caractéristiques personnelles identifiées par la Charte des droits et libertés de la personne ne viennent pas influencer les décisions de gestion. Par exemple, un éventuel congé de maternité ne devrait pas influencer les décisions relatives au renouvellement d’un poste. Dans un tel cas, une personne serait désavantagée par le fait même qu’elle est enceinte, ce qui correspond exactement à ce qu’est une décision discriminatoire.
Si la bonne foi se présume, quels sont les éléments qui devraient me mettre la puce à l’oreille?
Même si la bonne foi ainsi que les règles entourant la gestion d’un congédiement sont bien définies par les tribunaux, une décision qui s’écarte de ces principes n’est pas nécessairement soutenue par une intention malveillante. En effet, elle peut découler d’un manque de connaissance en relations de travail menant à une erreur involontaire. Le mieux est d’éviter d’attribuer des intentions et d’adopter une posture de questionnement pour bien comprendre les décisions prises. Dans le doute sur les motifs de votre fin d’emploi, nous vous invitons à nous contacter pour discuter de votre situation.
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